Depuis la réforme de 2021, les employeurs doivent intégrer les risques psychosociaux (RPS) à leur programme de prévention. Au-delà du harcèlement, de la violence et du stress post-traumatique, il importe de reconnaître la nature et la résonance davantage organisationnelle, donc collective, de nombreux RPS (surcharge, manque d’autonomie, conflits éthiques, etc.).
Cette recherche-intervention met en opérationnalité la coconstruction de mesures de prévention primaire se nourrissant du partage des réflexions et des savoirs expérientiels des actrices et acteurs du travail. Plus spécifiquement, cette démarche, qui se déploie en quatre phases (exploration, coconstruction, expérimentation et évaluation) implique un engagement conjoint des employeurs, des syndicats et des travailleuses et travailleurs. Les obstacles rencontrés (résistances, méfiance, cloisonnements dans la prise de position et de décision, lenteurs et lourdeurs administratives, etc.) soulignent la nécessité de déployer un accompagnement adapté (car contextualisé) et adaptable, selon les besoins du contexte concerné.
Globalement, les bilans (des terrains de recherche) témoignent de l’importance fondamentale de la dimension humaine pour assurer la réussite technique d’une telle démarche. Si la réforme a multiplié les outils à la portée des actrices et acteurs du terrain, elle leur a néanmoins conféré peu d’espaces favorisant leur appropriation réelle de ces outils. Or, c’est cette appropriation, dans un cadre ouvert et concerté, car propice à la compréhension des besoins et des réalités de chaque personne, qui est susceptible de propulser la création de liens de confiance et la mise en place d’un véritable dialogue social à même de transformer les discours et les pratiques au service d’une prévention davantage primaire et collective.